Les diamants et la géologie La prospection du diamant en terrain glaciaire diffère de celle des métaux précieux et communs en ce qu'elle repose sur la recherche de blocs et de minéraux traceurs plutôt que sur la géochimie
Date de publication : 04/03/2008
Les diamants et la géologie La prospection du diamant en terrain glaciaire diffère de celle des métaux précieux et communs en ce qu'elle repose sur la recherche de blocs et de minéraux traceurs plutôt que sur la géochimie du till pour mettre en évidence la dispersion glaciaire des kimberlites. Ces dernières se rencontrent dans de petits conduits cylindriques (de quelque centaines de mètres de diamètre). Il s'agit de roches relativement tendres qui ont été érodées de préférence par altération antéglaciaire et raclage glaciaire à des niveaux se situant sous la surface du substratum rocheux encaissant et, de ce fait, elles sont recouvertes de lacs ou d'épais sédiments lacustres. Les découvertes de kimberlites faites récemment dans les Prairies canadiennes et les Territoires du Nord-Ouest ont réactivé la prospection du diamant à des niveaux sans précédent dans les terranes glaciaires du Bouclier du Canada et de la Finlande. Plusieurs minéraux sont des traceurs utiles pour la découverte de kimberlite et, dans une certaine mesure, pour l'évaluation des potentialités diamantifères des kimberlites. Ces minéraux ont survécu au transport glaciaire et sont de loin plus abondants dans les kimberlites que les diamants; on peut les identifier à l'oeil nu et grâce à leurs propriétés chimiques distinctes. Les minéraux accompagnateurs de la kimberlite les plus fréquemment utilisés sont le pyrope chromifère, le grenat à éclogite, le diopside chromifère, l'ilménite magnésienne, le spinelle chromifère et l'olivine bien que, dans de rares cas, les diamants soient suffisamment abondants pour être leur propre traceur. Les minéraux traceurs de la kimberlite sont récupérés de la fraction de sable moyenne à très grossière des sédiments glaciaires et analysés à l'aide d'une microsonde électronique afin de déterminer les concentrations d'oxydes majeurs. Les kimberlites renferment généralement de fortes concentrations de grenats provenant des péridotites et de quelques concentrations provenant des éclogites. Selon leur teneur en calcium, les grenats à péridotite sont subdivisés en werhlite (haute teneur en Ca), en lherzolite et en harzburgite (faible teneur en Ca). La plupart des inclusions de grenat observées dans les diamants sont issues d'harzburgite à faible teneur en calcium; ce sont ces grenats que l'on recherche en prospection diamantifère. D'autres critères chimiques sont, entre autres, les suivants : niveaux de Na2O dans les éclogites et concentrations de MgO et de Cr2O3 dans les ilménites afin de déterminer si les diamants ont été conservés. On considère que les spinelles chromifères contenant >60 % de Cr2O3 et >12 % de MgO montrent une composition d'inclusion diamantifère et que les diopsides renfermant >0,5 % de Cr2O3 sont chromifères. Les minéraux traceurs sont les plus abondants dans la fraction granulométrique de 0,25 à 0,5 mm (sable à grain moyen) des sédiments glaciaires. Contrairement aux régions non glaciaires, tous les minéraux traceurs de la kimberlite survivent au transport glaciaire, et l'abondance relative de chaque minéral dans l'échantillon de till dépend de la composition minéralogique primaire de chaque cheminée de kimberlite. Certaines caractéristiques superficielles et la morphologie des minéraux traceurs sont susceptibles de fournir des indices quant à la distance et à la nature (glaciaire ou fluviatile) de leur transport.
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